La guerre mise en scène

Sortie à la Cinémathèque, article rédigé par Lyana et Jasmine en 3D

L’idée de cette sortie-projection était de savoir ce que cherche à dire un réalisateur lorsqu’il fait un film sur la guerre. Nous l’avons compris grâce à des extraits de films que nous allons vous présenter en partie.

Mis à jour le mardi 13 janvier 2026 , par jmontagne

La guerre du Vietnam au cinéma
La guerre du Vietnam (1955-1975) oppose le Vietnam du Sud, soutenu par les Américains, au Vietnam du Nord appuyé par les pays communistes, notamment la République populaire de Chine. Ce conflit a profondément marqué les esprits, car de très nombreux jeunes soldats américains y ont été envoyés. Deux films majeurs permettent de comprendre comment le cinéma met en scène cette guerre à travers des choix d’images, de sons et de mise en scène : Full Metal Jacket de Stanley Kubrick et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.

La guerre du Vietnam dans Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987)
Dans Full Metal Jacket, la caméra alterne entre plans larges et gros plans, montrant un groupe de soldats qui avance dans un espace urbain totalement dévasté. Par moments, la caméra adopte une plongée, donnant l’impression que les soldats sont observés en permanence. L’ennemi est invisible et peut surgir de n’importe où, ce qui crée une tension constante. Deux personnages apparaissent tremblants et effrayés, révélant la fragilité humaine face au danger. L’extrait pose une question essentielle : comment un homme se transforme-t-il pendant la guerre ? Kubrick montre que le conflit modifie profondément le mental, les réactions et la perception du monde.

La guerre du Vietnam dans Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979).
Dans Apocalypse Now,{{}} la représentation de la guerre est encore plus spectaculaire et chaotique. On voit la mer, la forêt, un paysage détruit, des bombardements, des voix, des hélicoptères : tout concourt à construire une vision cauchemardesque, presque "apocalyptique". Un personnage torse nu, portant un chapeau de cow-boy, symbolise la folie de la guerre en donnant des ordres absurdes, comme aller surfer au milieu d’une attaque. Le traumatisme semble lui avoir fait perdre la raison. Les effets sonores et visuels renforcent cette vision de fin du monde. Cet extrait fait écho à l’extrait des Sentiers de la gloire, car il interroge lui aussi le rapport entre guerre, pouvoir et absurdité.

La dénonciation de la guerre dans Les Sentiers de la gloire (Stanley Kubrick, 1957)
Dans Les Sentiers de la gloire, adapté d’un roman, l’action se déroule pendant la Première Guerre mondiale. Le film montre successivement le quartier général, les tranchées puis le champ de bataille. Un travelling en vue subjective adopte le point de vue interne du colonel, interprété par Kirk Douglas, et nous fait traverser les tranchées au milieu des soldats. Un décalage saisissant apparaît entre l’assurance du colonel et la peur visible des soldats. La bande-son, composée de bruits violents et constants, traduit le chaos du champ de bataille, où la mort frappe tout autour. Pendant ce temps, au quartier général, loin du danger, les officiers planifient une attaque contre leur propre camp pour obliger les soldats à retourner au front. Cet ordre est suicidaire et la critique de la hiérarchie militaire est si virulente que le film fut censuré en France pendant vingt ans, en raison du contexte de la guerre d’Algérie.
Comme Apocalypse Now,{{}} le film montre que la guerre peut conduire les chefs à des décisions irrationnelles et plonger les soldats dans un chaos total qui les conduit au bord de la folie. La guerre apparaît comme un espace où l’humanité se désagrège et où la logique s’effondre.

La Grande Illusion : un regard humaniste au cœur de la guerre
La Grande Illusion, réalisé par Jean Renoir en 1937, se déroule pendant la Première Guerre mondiale. L’extrait étudié offre une atmosphère très différente de la violence des combats : un moment de joie et de convivialité partagé dans un bar du camp de prisonniers. Renoir y montre des hommes de classes sociales différentes, françaises et allemandes, mais il met en évidence que les frontières sociales ne disparaissent pas avec la guerre. Au contraire, elles demeurent plus fortes que les frontières nationales. Un officier français se sent plus proche d’un officier allemand de même rang que des soldats français issus d’une classe plus populaire d’ouvriers. La musique joyeuse et l’ambiance chaleureuse ne suffisent donc pas à effacer les inégalités sociales. Renoir montre que, même en temps de conflit, ce sont les castes sociales qui structurent les relations humaines.

Conclusion : On peut conclure qu’un réalisateur choisit de faire un film sur la guerre pour retranscrire ce qui s’est passé, immerger le public et lui faire ressentir l’importance des événements afin qu’il se sente concerné. Le cinéma de guerre permet ainsi de comprendre, de ressentir et de réfléchir aux réalités, aux violences et aux enjeux humains des conflits.

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